10 idées pour limiter le gaspillage

Entre 30 à 40 % des aliments traités en cantine scolaire finiraient à la poubelle. Pour limiter cet immense gâchis, les collectivités rivalisent d'imagination. Voici dix idées testées par ces dernières qui peuvent servir de source d'inspiration.

1) Établir un diagnostic

Avant de passer à l'action, mieux vaut savoir où l'on en est. C'est le raisonnement adopté notamment par les structure qui ont suivi le programme Anti Gaspi Attitude. Retrouver tout le protocole ici ou contactez le SMICTOM pour des conseils.

Le nec plus ultra reste la pesée par les élèves, pour les sensibiliser au gaspillage. Les structures périsoclaires de Sélestat engagent régulièrement leurs convives dans ce type de démarches et ils obtiennent de très bons résultats. 

Une initiative d'autant plus intéressante qu'elle met en lumière les comportements et écartsde chacun et pousse les enfants à s'interroger sur leurs pratiques : pourquoi prendre des fruits, alors que rien ne les oblige à en prendre, pour les jeter ensuite ? Quelles sont les conséquences de ce gâchis ? Comment éviter le gaspillage ?

2) Maîtriser la consommation de pain

Le pain est une source importante de pertes. Les enfants ont du mal à anticiper leurs besoins et ont tendance à remplir leur plateau de tranches qu'ils ne mangeront pas. Beaucoup de cantines se sont attaquées à ce problème. Pour la plupart, elles ont mis fin au système du pain "à volonté", ont réduit les tranches ou limité le nombre de tranches, etc. Certaines collectivités, ont également mis en place un "gachimètre" : un tube en plexiglas dans lequel sont jetés les morceaux non consommés. Cela permet aux enfants de visualiser les pertes, mais aussi de recycler le pain (chapelure, nourriture pour animaux, etc.).

3) Adapter les portions

Il ne s'agit bien sûr pas de "rationner" les enfants ou adolescents, mais de leur proposer des portions plus adaptées à leurs besoins nutritionnels. Jusqu'ici, beaucoup de collectivités avaient tendance à ne pas faire la différence entre les besoins nutritionnels des enfants de maternelle et d'école élémentaire. Résultat ? Des portions inadaptées, source d'un important gaspillage.

On peut imaginer par exemple faire varier la taille des contenants en fonction des besoins de chacun. Dans la ligne de self, une assiette plus petite et de couleur différente peut être ajoutée pour les appétits de moineau.

4) Éduquer au goût

L'éducation au goût est indissociable de la lutte contre le gaspillage. Les enfants sont ainsi amenés à manger ce qu'ils laissaient jusqu'ici sur le bord de l'assiette, comme les légumes verts, par exemple. Car les résultats des pesées sont formels : les restes sont toujours plus importants les jours où les brocolis s'invitent au menu, plutôt que les jours de frites.
Il est donc essentiel de bien échanger avec votre fournisseur de repas et de voir avec lui comment faire évoluer les recettes pour inviter les enfants à être plus curieux. Nécessitez pas à mettre en place aussi des bars à épices pour que les enfants agrémentent aussi leurs assiettes.

5) Valoriser les produits et la cuisine

On ne gaspille que ce dont on ignore la valeur. Vous pouvez inviter les producteurs locaux (fermiers, éleveurs) pour qu'ils fassent découvrir aux enfants leurs produits. Des initiatives qui ont pour objectif de "débanaliser" la nourriture et d'apprendre aux enfants à y faire plus attention. La cuisine collective veut s'affranchir des images qui lui collent à la peau et retrouver le chemin de l'exigence, de la qualité et du plaisir.

6) L'art d'accommoder les restes

Pourquoi pas organiser un atelier pain perdu pour le goûter ? Les enfants redécouvrent les joies de la cuisine des restes. Rien de révolutionnaire, certes, mais ces gestes ancestraux ont eu tendance à passer à la trappe ces dernières décennies.

7) Une gestion plus fine des commandes

Difficile de prévoir à l'avance combien d'enfants vont fréquenter la cantine. Certains établissements tentent d'établir une meilleure visibilité sur le nombre de couverts, sans pour autant enfermer les parents dans un système trop contraignant qui les empêcherait de laisser leur enfant à la cantine, en cas d'imprévu. Une promotion de la démarche Anti Gaspi Attitude auprès des parents et des enseignants peut également permettre de renouer un dialogue avec les différents partenaires sur cette thématique.

8) Donner plutôt que jeter

Pourquoi ne pas donner les restes à des associations, plutôt que de les jeter ? L'idée fait son chemin. Le gouvernement a annoncé fin mars 2018 un ensemble de mesures contre le gaspillage alimentaire (dans le cadre de la loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire). Parmi les pistes envisagées, l'obligation de passer une convention de don de denrées alimentaires avec les associations caritatives pour les opérateurs de la restauration collective.

9) Former le personnel des cantines

La méconnaissance des normes d'hygiène est elle aussi une source de gâchis. Dans le doute, le personnel jette les produits non consommés, alors qu'ils auraient très bien pu être réutilisés les jours suivants, sans mettre à mal les règles d'hygiène alimentaire.

La chasse au gaspillage implique aussi de nouvelles pratiques et des efforts de formation auprès des responsables de cantines pour leur apprendre les gestes "anti-gaspi" : éviter d'éplucher les légumes bio, ne pas mélanger les ingrédients à l'avance, décongeler par petites portions, etc.

10) Jouer sur le temps du repas

Le facteur temps n'est pas négligeable. Beaucoup d'enfants laissent leur assiette pleine parce que la pause du repas est trop courte et trop stressante. Leur donner plus de temps pour leur collation et leur demander de finir leur assiette font partie des pistes à explorer.